Fraudes sociales



La lecture des quotidiens amène tous les jours – et surtout ces derniers temps – des nouvelles terribles : guerres, manifestations brimées, recul de démocraties, régressions sociales...
Je voudrais m’arrêter à l’une de ces dernières nouvelles déprimantes. Le Soir du 13 juin dernier a annoncé que le Service d’information et de recherche sociale lancera à la fin de cette année un site internet où il sera notamment possible de dénoncer la fraude sociale. La dénonciation pourra être anonyme.

Lutter contre les fraudes est nécessaire, mais elle doit respecter les règles de la démocratie. Or, le mécanisme prévu par le gouvernement ne les respecte pas (problème de transparence, de limites claires, …) et crée une société de méfiance. La délation anonyme donne des frissons dans le dos et la Ligue des droits de l’Homme a d’ailleurs pris position : « Ce système est dangereux en démocratie; on finit par dénoncer tout ce qui est hors norme et les gens se demandent qui les a dénoncés. On crée une société de méfiance. Cela cause d’énormes dégâts au niveau du vivre-ensemble ».

Il est aussi dommage qu’on ne vise à nouveau que les fraudes sociales, alors qu’il existe d’autres types de fraudes qui représentent des sommes bien plus importantes que les fraudes sociales. Par exemple, les fraudes fiscales. La FGTB estime que le manque de recettes pour l'Etat belge découlant de la fraude fiscale doit être estimé à quelques 20 milliards d'euros.

Par ailleurs, parle-t-on des personnes qui ont droit à des prestations sociales et qui, par manque d’information ou face à la complexité des procédures, n’ont au final pas accès à ces prestations ?

Il faut que le gouvernement organise une lutte contre toutes les fraudes, avec des outils adaptés et respectueux des règles qui s’imposent dans toute démocratie.




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