Manifestation contre les mesures prises par le gouvernement fédéral à l’encontre des chômeurs.

En route pour la Manifestation!!

Voici une carte Blanche signées par des parlementaires et des présidents de cpas écolos : 

En novembre dernier, la FGTB a évalué à 50.000 chômeurs (dont 32.000 Wallons et 9.000 Bruxellois), le nombre de personnes qui seraient exclus du système des allocations d’insertion ou d’allocations d’attente, dès janvier 2015 en raison de la limitation dans le temps de ces allocations instaurée par le Gouvernement fédéral.
Les médias ont diffusé ce 5 février les résultats d’une étude complémentaire, qui chiffre commune par commune le nombre de demandeurs d’emploi qui seront exclus du chômage.
Ces chiffres concrets permettent à chacun de réaliser combien les conséquences sociales, économiques, budgétaires de cette décision seront catastrophiques pour les chômeurs, mais aussi les citoyens, les communes, les CPAS. Les appels à une marche arrière ont été nombreux ces derniers mois de la part de syndicats, d’associations, d’élus..., Nous sommes convaincus qu’il est encore temps d’annuler cette marche en avant vers un désastre social annoncé. Communes, CPAS, élus, fédérons nos efforts pour pousser le Gouvernement fédéral à mettre fin à l’absurde avant qu’il ne soit trop tard !
Au 1er janvier 2015, des milliers de personnes perdront leur droit aux allocations d’insertion. Si les chiffres divergent quelque peu, ils ne sont pas fondamentalement remis en cause par les autorités compétentes. Et ces chiffres ne parlent pas de tous ceux qui, indirectement, en subiront également les conséquences comme les enfants ou les conjoints et cohabitants. Si certains allocataires pourront en effet bénéficier du revenu d’intégration, d’autres n’auront droit à rien. Les premiers dépendront de l’aide des CPAS déjà noyés sous les demandes et en difficulté budgétaire et humaine pour les gérer. Les seconds dépendront de l’aide de leurs proches pour survivre. Derrière ces chiffres, c’est autant de visages, de familles, de situations personnelles difficiles, de femmes qui ont travaillé à temps partiel, de jeunes qui n’ont pas décroché suffisamment longtemps un boulot à la sortie de leurs études ou formation.
La limitation dans le temps des allocations d’insertion n’a pas été décidée dans un contexte anodin. La crise économique qui a fait suite à la crise financière de 2008 a entraîné un grand nombre de pertes d’emplois. Le taux de chômage très élevé qui touche la Belgique actuellement s’inscrit dans un processus bien plus long de mise en tension de l’emploi en Europe, qui s’illustre, de facto, par une pénurie structurelle d’emplois par rapport à l’offre de travail. Ainsi, le SPF Travail, Emploi et Concertation sociale identifie, en 2012 en Wallonie, jusqu’à 40 chômeurs pour une offre d’emploi .
Le contexte actuel de restructurations et de fermetures d’entreprises a encore détérioré cette situation. Ainsi, le SPF Economie a dénombré une destruction d’emplois salariés, en 2012, de l’ordre de 25.688 unités, soit 11,3 % de plus que l’année précédente . Selon le même SPF Economie, notre pays a connu 11 740 faillites en 2013, soit un triste record représentant par ailleurs une augmentation de 65 % par rapport à 2001 – de janvier à novembre 2013.
Cette situation s’avère dramatique pour une part croissante de la population. La perte d’un emploi est d’abord la perte d’un revenu et une possible impasse financière pour nouer les deux bouts. La perte d’un emploi n’est pas non plus sans conséquence psychologique. Plusieurs études ont mis en avant le processus de dégradation du moral, pour ne pas dire de la santé mentale, des personnes qui, en raison du facteur important d’intégration à la vie en société que peut constituer le travail ou en raison de la valeur qui lui est accordée … peuvent se sentir progressivement reléguées à la marge de la société et se trouver en situation d’exclusion sociale. Si certains parviennent à tenir le cap, d’autres sombrent dans le stress, l’anxiété, la dépression, voire les gestes désespérés.
Face à ces réalités, la priorité de tout gouvernement devrait être de mener des politiques créatrices d’emploi de qualité. Au lieu de ça, et sous couvert d’arguments budgétaires, le Gouvernement fédéral a choisi de sabrer dans des mécanismes de protection sociale, fondements de notre système de sécurité sociale basé à la fois sur les principes d’assurance, de solidarité, d’émancipation et de cohésion sociale.
Ces mesures tendent à rendre les chômeurs individuellement responsables du chômage structurel qui touche notre pays, et bien d’autres en Europe, alors qu’il est le résultat d’un processus collectif de déstructuration de l’emploi et d’une crise économique. Les sans emplois deviennent la cible privilégiée de mesures restrictives et punitives, qui permettent à l’Etat fédéral de reporter la faute sur eux, sur les communes, les CPAS et, en définitive, sur tous les citoyens.
Les arguments économiques et budgétaires prouvant le caractère non seulement inique de cette mesure, mais également son non-sens, sont également nombreux : dépenses supplémentaires pour les communes et CPAS avec risque d’augmentation des impôts locaux ou des licenciements au sein des pouvoirs locaux,…, et même manque à gagner pour l’Etat fédéral en raison de la diminution du pouvoir d’achat…
Au cours des prochaines semaines, dans la continuité des combats que nous menons contre cette décision depuis plusieurs mois, et en solidarité avec tous ceux qui la dénoncent, nous interpellerons dans les Parlements, mais aussi au sein des communes et CPAS. Chacun doit prendre ses responsabilités et engager le Gouvernement fédéral à mesurer la catastrophe sociale qui s’annonce et à prendre ses responsabilités, en annulant la limitation dans le temps des allocations d’insertion et, en attendant, en garantissant dès aujourd’hui la prise en charge complète des revenus d’intégration ainsi que les besoins humains nécessaires à l’augmentation des prises en charge par les CPAS.
Signé par
Les présidents des cpas ECOLO :
Paul Bongartz (Saint Vith), Christophe Clersy (Courcelles), Sophie Dardenne (Profondeville), Dominique Decoux (Schaerbeek), Philippe Defeyt (Namur), Ulrich Deller (Raeren), Valérie Delporte (Sombreffe), Lambert Jaegers (Eupen), Joëlle Ricour (Mont-Saint-Guibert), Stéphane Roberti (Forest), Thierry Severs (Ecaussinnes),Geneviève Wengler (Fleron), Catherine Wollseifen (Geer)
Les parlementaires ECOLO :
Députés Wallons : Manu Disabato, Isabelle Meerhaeghe, Stéphane Hazée, Veronica Cremasco, Luc Tiberghien et Bénédicte Linard
Députées bruxelloises : Magali Plovie, Anne Herscovici
Chambre des représentants : Zoé Genot

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