Visite dans le cadre des Journées nationales de la prison


Du 18 au 28 novembre ont eu lieu les Journées nationales de la prison (JNP) qui visent à contribuer à une prise de conscience collective de la situation carcérale belge afin de les faire évoluer dans le sens d'un plus grand respect des droits des personnes et plus cohérentes par rapport à l’implication sociale de l’incarcération.

Dans le cadre des JNP, une visite de la prison de Berkendael et de Forest a été organisée par le Centre d’action laïque pour les députés de la Région bruxelloise. J’ai participé à cette visite, voici mes quelques réactions à la suite de cette visite.

Cette année les JNP s'intéressaient à la place des familles et des proches des détenus. Les études sur le sujet ont démontré l’impact négatif d’une détention sur la famille et les enfants du/de la détenu.e. Des conséquences financières, mais aussi morales et psychiques lourdes, pèsent sur ces derniers. La stigmatisation se mêle souvent à des sentiments de honte, de tristesse, de colère mais aussi à des vécus de discrimination. Les effets de la détention d’un parent sur ses enfants peuvent avoir des conséquences dramatiques sur son développement, et ce, pendant de nombreuses années après l'incarcération. Le vécu de ces enfants est encore trop peu pris en considération lors de l’incarcération d’un parent alors qu'il devrait être au centre des préoccupations.

Le Délégué général aux droits de l’enfant a formulé des revendications à ce sujet parmi lesquelles le fait de garantir la priorité du droit de l’enfant à garder le contact avec ses parents, de tenir compte de la présence d’enfants tant dans la période de détention préventive que dans la détention suite à une condamnation, de développer un cadre adapté pour les visites, d'avoir une offre proactive pour le maintien du lien, etc.

Alors que le secteur et les ONG se mobilisent pour sensibiliser les politiciens, les médias et les citoyens, une décision risque de menacer grandement les activités organisées par l'asbl Relais Enfants-Parents. Cette asbl qui fait un travail depuis plus de 20 ans pour favoriser le maintien du lien entre un enfant et son parent détenu voit son action gravement compromise au niveau des trois prisons bruxelloise, soit celle de Forest, Saint-Gilles et Berkendael. En effet, l'asbl Relais enfants-parents organise des visites collectives et individuelles et bénéficiait jusqu'ici du soutien du SPF Justice. Ce dernier a décidé de réduire le financement de la structure, impliquant sur le terrain, une diminution de près de 90% de ses activités.
 
A chaque niveau de pouvoir, des décisions doivent être prises pour améliorer et veiller à la situation familiale de la personne en détention et aux intérêts des enfants. Mais aussi, chaque acteur (monde judiciaire, police, CPAS, …) qui intervient dans l’incarcération d’une personne doit y rester vigilant. C’est à tous les niveaux qu’il faut être ambitieux. 
 

Un débat a suivi la visite des prisons, vous trouverez ici le lien :




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